MONTRÉAL, le 22 SEPTEMBRE 2026 – Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) tenait aujourd’hui son Colloque sur les prévisions salariales 2027, un événement toujours attendu des employeurs qui souhaitent cerner les principales tendances en matière de rémunération et se préparer aux décisions qui les attendent au courant de la prochaine année.
L’événement a permis de souligner qu’après plusieurs années marquées par des pressions inflationnistes, les budgets d’augmentation salariale tendent à se stabiliser. Les différentes enquêtes réalisées par les firmes participantes convergent vers des hausses généralement situées autour de 3,3% pour 2027.
« La période des hausses salariales exceptionnelles semble derrière nous, mais cela ne signifie pas que les décisions de rémunération deviennent plus simples. Au contraire, dans un contexte où les budgets se stabilisent, les employeurs doivent être encore plus stratégiques dans leurs choix : où investir, comment reconnaître la performance et comment demeurer compétitif pour attirer et retenir les talents tout en respectant leurs contraintes financières », déclare Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.
Miser sur la différenciation plutôt que sur la seule hausse des budgets
La stabilisation des enveloppes salariales indique que l’enjeu de la rémunération ne se situe plus uniquement le niveau des augmentations, mais de la façon dont les sommes disponibles seront réparties. Par exemple, Solertia indique que les employeurs sont notamment appelés à porter une attention accrue au positionnement de leurs structures de rémunération par rapport au marché, à la contribution et à la progression des employés, ainsi qu’aux postes critiques et aux promotions. Selon les données de Gallagher, 45% des organisations prévoient ainsi un budget distinct pour les promotions en 2027, comparativement à 28% l’an dernier.
« Les entreprises doivent pouvoir conserver une marge de manœuvre pour reconnaître la performance, répondre aux réalités du marché et soutenir les fonctions essentielles à leur organisation », ajoute Mme LLambías Meunier.
Des écarts qui demeurent importants selon les secteurs et les provinces
Si la tendance générale est à la stabilisation, les prévisions révèlent toutefois des différences significatives d’un secteur à l’autre. Selon Solertia, les augmentations salariales prévues au Québec, gels exclus, vont de 2,7% dans le secteur de l’énergie, des mines, du pétrole et du gaz à 4% dans le transport et l’entreposage.
Les données de Telus Santé montrent également des écarts au Canada, avec des variations entre les provinces. Si l’Alberta et le Nouveau-Brunswick remportent les moyennes les plus élevées (3,49% et 3,33% respectivement), les plus faibles se trouvent à Terre-Neuve-et-Labrador et au Manitoba (3% et 3,20% respectivement).
Une incertitude qui demeure
La normalisation des budgets ne signifie pas pour autant que les employeurs évoluent dans un environnement prévisible. Les tensions commerciales, les tarifs américains, l’évolution de l’inflation et les transformations technologiques continuent de complexifier les décisions de rémunération.
Les données de Marsh illustrent d’ailleurs le caractère encore préliminaire des décisions pour 2027 : 89 % des organisations sondées étaient toujours au début de leur planification au moment de l’enquête, et seulement 5 % avaient déjà approuvé leur budget d’augmentation salariale.
L’intelligence artificielle s’impose également progressivement dans les pratiques de ressources humaines. Selon Gallagher, 83 % des organisations sondées testent déjà des outils ou des cas d’utilisation de l’IA en RH et en rémunération, alors que seulement 22 % ont reçu une formation structurée à ce sujet.
« Ces données confirment l’importance pour les employeurs de conserver une capacité d’adaptation dans leurs décisions de rémunération, alors que les paramètres économiques, technologiques et du marché du travail continuent d’évoluer rapidement », conclut Mme LLambías Meunier.
Ce dossier spécial a été produit en partenariat avec Solertia, Gallagher, MARSH, Telus Santé et WTW. Consultez-le en français et en anglais sur le site web sur CPQ.
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Source :
Anne-Sophie DesRoches
Conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales
Conseil du patronat du Québec
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À propos du CPQ : Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70 000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic.