Lettre ouverte par la présidente et cheffe de la direction du CPQ, Michelle LLambias Meunier, publiée le 21 août 2026 dans Le Journal de Montréal.
Je me demande : avons-nous utilisé les deux dernières années à leur plein potentiel, alors que nous connaissions les solutions ? L’issue de la négociation commerciale avec les États-Unis aura des conséquences bien réelles pour nos entreprises, mais une chose est déjà certaine, et c’est que nous aurions pu être dans une bien meilleure posture pour l’affronter.
Depuis deux ans que nous constatons que notre dépendance au marché américain nous rend vulnérables, alors que nous connaissons les outils pour permettre à nos entreprises puissent réussir. Au tout début de cette guerre tarifaire, le CPQ proposait des solutions, entre autres celle d’alléger la fiscalité des compagnies, d’alléger la paperasse et, enfin, de diversifier nos marchés.
Force est de constater, après tout ce temps, que les progrès vers ces solutions sont insuffisants. Or, chaque règlement allégé, chaque barrière commerciale éliminée, chaque investissement facilité aurait donné plus de marge de manœuvre à nos entreprises pour qu’elles puissent passer à travers cette crise qui perdure depuis 18 mois.
Répondre à celles qui encaissent, mais surtout agir sur le fond
Pour les entreprises qui seraient frappées de plein fouet par l’issue de cette négociation, les gouvernements devraient agir rapidement avec des mesures d’aide d’urgence, ciblées et efficaces, afin de préserver leur capacité de continuer leurs opérations et de protéger nos emplois.
Mais il ne faut pas se tromper de remède : une crise structurelle ne se règle pas avec des mesures temporaires. L’aide d’urgence peut donner un répit aux entreprises qui encaissent le choc, mais elle ne peut remplacer un véritable coup de barre pour renforcer durablement notre économie.
C’est pourquoi le Québec doit maintenant accélérer sur les leviers qu’il contrôle : alléger réellement le fardeau réglementaire et administratif, améliorer notre compétitivité fiscale, faire tomber les barrières au commerce intérieur et encourager les gains de productivité.
Nous ne pouvons pas contrôler les décisions de Washington. Nous pouvons toutefois décider de rendre nos entreprises plus fortes pour y faire face.
Depuis le temps qu’on en parle, est-ce qu’on peut s’engager à ne pas gaspiller cette crise et transformer nos façons de faire pour nous rendre plus forts et plus résilients… jusqu’à la prochaine crise, à tout le moins ?
Consultez la version originale sur le site du Journal de Montréal ↗