MONTRÉAL, le 30 janvier 2026 – Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) prend acte du plan d’invitation du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) présenté ce matin par le gouvernement du Québec. S’il reconnaît l’importance de la prévisibilité annoncée pour les travailleurs et leurs familles, le CPQ estime que les cibles retenues et les orientations choisies demeurent largement insuffisantes pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre qui freine la croissance économique du Québec.
« De nombreux travailleurs et diplômés formés au Québec, déjà intégrés, francisés et essentiels au fonctionnement de notre économie, risquent de devoir quitter le territoire à cause des seuils et les critères actuels du PSTQ. Il est difficile de justifier qu’on se prive de talents dont le Québec a déjà démontré qu’il a besoin », déclare Daye Diallo, vice-président – Politiques de main-d’œuvre et intelligence économique du CPQ.
Deux poids, deux mesures entre l’État employeur et les entreprises
« Le gouvernement, plus grand employeur au Québec, se dote de leviers pour combler ses propres besoins de main-d’œuvre, tout en maintenant d’importantes contraintes pour les entreprises québécoises. En limitant l’accès à l’immigration économique permanente et en restreignant la reconnaissance des besoins sectoriels, le gouvernement accentue un déséquilibre qui pénalise directement la capacité des employeurs à livrer leurs projets, innover et demeurer compétitifs », affirme Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.
Le manufacturier : un secteur stratégique à prioriser
Le CPQ s’interroge également sur la définition des « secteurs stratégiques » retenue par le gouvernement. Alors que la santé, l’éducation, la construction et le génie sont priorisés, le secteur manufacturier, pilier de l’économie québécoise et moteur d’exportation et de productivité, doit clairement être une des priorités explicites du PSTQ.
Un appel à un réajustement rapide
Le CPQ invite le gouvernement à revoir rapidement ses cibles d’immigration économique permanente, à élargir la reconnaissance des secteurs stratégiques en y incluant le manufacturier et à assurer une plus grande cohérence entre les besoins de l’État et ceux des entreprises québécoises.
« La pénurie de main-d’œuvre n’est pas un enjeu théorique : elle est vécue chaque jour par les employeurs, dans toutes les régions. La main-d’œuvre étrangère est un levier structurant de développement économique. Dans un contexte de pénurie durable, le Québec doit se doter de seuils et de programmes qui répondent réellement aux besoins des employeurs, favorisent la rétention des talents déjà présents sur le territoire et assurent la complémentarité avec la main-d’œuvre locale, plutôt que de multiplier les restrictions », ajoute Mme LLambías Meunier.
« Les hôteliers, les restaurateurs, les transporteurs et de nombreux autres employeurs ont recours à l’immigration économique pour maintenir leurs opérations et offrir des services essentiels partout au Québec. En maintenant des seuils et des critères trop restrictifs, le PSTQ risque de fragiliser des secteurs déjà sous forte pression et de freiner la vitalité économique de plusieurs régions », déclare Daye Diallo, vice-président – Politiques de main-d’œuvre et intelligence économique du CPQ.
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Source :
Anne-Sophie DesRoches
Conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales
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À propos du CPQ : Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70 000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic.