Lettre ouverte par la présidente et cheffe de la direction du CPQ, Michelle LLambias Meunier, publiée le 27 janvier 2026 dans Le Soleil.
Le Québec traverse une période charnière. Alors que le contexte géopolitique et économique demeure marqué par de fortes incertitudes, la démission du premier ministre et la course à la chefferie qui s’ouvre placent notre gouvernement dans une phase de transition politique à moins de neuf mois des prochaines élections. Cette période ne peut toutefois pas être synonyme d’immobilisme.
Dans un environnement où la concurrence pour les talents et les investissements s’intensifie, le Québec ne peut se permettre de se mettre au neutre.
Plus que jamais, des choix clairs et structurants s’imposent pour renforcer durablement la prospérité du Québec.
Rétablir un climat de relations de travail constructif
Les relations de travail et le dialogue social font partie intégrante de notre modèle, qui n’a pas d’égal en Amérique du Nord. Ils constituent un atout, à condition de continuer à évoluer avec leur temps et de demeurer arrimés aux réalités économiques actuelles.
Un récent sondage commandé par le Conseil du patronat du Québec montre que, si une majorité de Québécois reconnaissent encore l’utilité des syndicats, une part importante de la population estime que les conflits de travail ont surtout des impacts négatifs sur l’économie et les citoyens, et que certaines revendications sont parfois perçues comme excessives ou déconnectées des réalités économiques.
Ces constats envoient un message clair : le dialogue social doit se moderniser. Il faut sortir d’une logique d’affrontement et recentrer les relations de travail sur la recherche de solutions durables, équilibrées et prévisibles. La capacité du Québec à livrer ses services, à attirer des investissements et à demeurer compétitif en dépend directement.
Simplifier pour mieux attirer et investir
Le Québec doit également améliorer de façon ambitieuse son environnement d’affaires. La complexité réglementaire, les délais administratifs et le manque de prévisibilité freinent trop souvent l’investissement, l’innovation et la croissance des entreprises.
Sans abaisser nos standards, il est possible de faire mieux : simplifier les règles, mieux coordonner les exigences, accélérer les processus décisionnels et offrir davantage de stabilité aux entreprises. Un cadre réglementaire plus clair et plus efficace constitue un levier essentiel pour renforcer l’attractivité économique du Québec, soutenir l’investissement privé et favoriser la création de richesse durable.
Solutions concrètes pour la main-d’œuvre
La rareté de la main-d’œuvre est désormais structurelle. Pour y répondre, le Québec doit miser sur un ensemble de solutions complémentaires que le CPQ met déjà de l’avant : mieux intégrer les travailleurs expérimentés qui souhaitent prolonger leur participation au marché du travail, accueillir davantage d’immigrants économiques pour répondre aux besoins des entreprises, et accélérer l’adoption des technologies et de l’automatisation afin d’améliorer la productivité.
Dans cette perspective, certaines mesures fiscales ciblées peuvent également contribuer à valoriser l’engagement volontaire au travail. À titre d’exemple, une meilleure reconnaissance fiscale des heures supplémentaires, bien balisée, pourrait encourager celles et ceux qui souhaitent s’impliquer davantage, sans créer de distorsions ni d’effets indésirables. Il s’agit d’un outil parmi d’autres, qui doit s’inscrire dans une approche globale et cohérente du capital humain.
Miser collectivement sur la prospérité
Le Conseil du patronat du Québec croit profondément à la collaboration et à la responsabilité partagée. Mais ce dialogue doit mener à l’action. En modernisant nos relations de travail, en simplifiant notre environnement d’affaires et en mettant en place des solutions concrètes pour répondre à la rareté de la main-d’œuvre, le Québec se donne les moyens de renforcer durablement son modèle social et économique.
Ce sont ces choix structurants qui permettront d’assurer la prospérité du Québec, aujourd’hui et pour les générations à venir.