Commentaires du CPQ dans le cadre des consultations prébudgétaires 2025-2026 du gouvernement du Québec – Faire face à l’adversité

Introduction

Les économies québécoise, canadienne et mondiale se retrouvent dans une conjoncture particulière comportant une grande part d’incertitude et de changements structurels. Après la covid, les menaces et l’imprévisibilité provenant des États-Unis nous forcent à mettre les bouchées doubles pour tirer notre épingle du jeu.

L’imposition ou non de tarifs sur les biens vendus au sud de la frontière et la forte probabilité que les impôts pour les entreprises soient abaissés afin notamment d’attirer des investissements sur le territoire américain créent énormément d’imprévisibilité.

Un consensus se dessine sur le fait que même si l’administration américaine sursoit à l’imposition de tarifs, la relation de confiance à l’égard de notre plus grand partenaire économique s’en trouve entachée. Les événements actuels nous font une fois de plus prendre conscience de notre trop grande dépendance économique à l’égard des États-Unis et la faiblesse de notre productivité et de notre compétitivité.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) croit que plutôt que de subir, nous devons transformer cette tempête en opportunité et repenser notre environnement d’affaires pour assurer notre prospérité. Nous devons diversifier nos marchés, renforcer notre économie locale et prendre notre destin en main afin de nous assurer une meilleure prospérité et nous permette de traverser la période d’instabilité crée par l’arrivée de l’administration Trump. La situation requiert un plan global, un « New Deal » à saveur québécoise/canadienne qui implique à la fois un changement en profondeur de notre économie, des investissements publics et privés considérables et un pacte social appelant à la participation de tous les acteurs de la société, s’articulant autour de mesures concrètes susceptibles de donner à notre économie un nouveau regain et nous préparer pour un meilleur avenir.

Sur le plan structurel, les principaux enjeux pour l’économie québécoise demeurent le vieillissement démographique, la transition énergétique, la lutte contre les changements climatiques et l’adaptation à ceux-ci. S’ajoutent finalement les mutations technologiques accélérées par les développements en intelligence artificielle, notamment l’IA générative.

Dans ce contexte, assurer un environnement d’affaires, fiscal et réglementaire, favorable et compétitif est plus important que jamais. Ceci permettra d’améliorer notre prospérité et notre résilience et d’augmenter notre richesse collective et notre niveau de vie.

Le gouvernement doit notamment continuer de soutenir les investissements, l’innovation et la hausse de la productivité et la compétitivité des entreprises. Des mesures relativement peu coûteuses mais dont les retombées peuvent être très bénéfiques, doivent être mises de l’avant qu’on pense au rôle stratégique que peuvent jouer les infrastructures et contrats publics ou à l’allègement du fardeau réglementaire des entreprises. Ce dernier déjà lourd, s’est alourdi considérablement au cours des dernières années dans plusieurs domaines (protection des renseignements personnels, protection du consommateur, langue française, SST, environnement…). Nous avons été ravis d’entendre le PM mentionner parmi les faiblesses du Québec : ‘Notre productivité, la surrèglementation, la bureaucratie, la taxation’, et dire qu’il reste beaucoup de travail à faire(1).

Les gains de productivité constituent une condition sine qua non pour que l’économie du Québec se positionne avantageusement dans un marché en pleine reconfiguration et assure le niveau de vie des citoyens. Après avoir connu une croissance intéressante au Québec entre 2017 et 2019, la productivité a reculé au cours des dernières années au Québec comme au Canada. L’automatisation, la robotisation et la numérisation sont indispensables pour gagner en productivité et pour faire face au défi de la rareté de main-d‘œuvre.

Les recommandations du CPQ énoncées dans ce mémoire visent ainsi la résilience économique et une prospérité durable face à l’adversité ambiante en se concentrant sur :

  • Une fiscalité compétitive propice à l’innovation, l’entrepreneuriat, l’investissement et la croissance des entreprises;
  • Des infrastructures de qualité pour répondre aux besoins économiques, sociaux et environnementaux;
  • Un allègement et une harmonisation réglementaires;
  • Une action renforcée pour la disponibilité et la qualité du capital humain;
  • Des efforts pour l’indépendance et la compétitivité énergétiques; 
  • Un rôle stratégique des contrats publics et un État plus efficace et plus productif.

Note

  1. Par exemple François Legault veut que le Québec corrige ses «faiblesses» économiques
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