Plateforme économique 2018-2021 – S’allier pour la prospérité

Malgré la crise mondiale de 2008 et divers évènements qui ont depuis menacé sa performance économique, le Québec affiche aujourd’hui une certaine croissance plutôt réjouissante. Il s’agit maintenant d’affirmer cette résilience et de maintenir un rythme de croissance économique suffisant pour se mesurer aux grands enjeux du développement économique que sont le vieillissement démographique, la transition énergétique, les mutations technologiques et les incertitudes mondiales.

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Le CPQ accorde une importance prépondérante à une vision d’ensemble en faveur d’une prospérité durable au Québec. Cette vision est celle d’un Québec qui s’affirme parmi les pôles d’attraction économique grâce à des infrastructures modernes, une économie dynamique et diversifiée, l’exploitation responsable de ses ressources naturelles ainsi que des services publics efficaces et de qualité. C’est aussi celle d’une province qui garde le cap sur des finances publiques saines et une fiscalité favorable à l’investissement privé, un facteur clé de développement économique. Il s’agit enfin d’une mise en place des bonnes politiques pour augmenter les compétences de la main-d’œuvre, le potentiel entrepreneurial et le dynamisme de l’innovation.

Au cours des dernières années, le CPQ s’est largement concentré sur la promotion de l’assainissement des finances publiques. Notre insistance sur la gestion rigoureuse des dépenses publiques a eu gain de cause auprès du gouvernement du Québec, comme en fait foi l’instauration du principe du « cran d’arrêt » qui a clairement participé au retour à l’équilibre budgétaire. Il faut souligner et promouvoir cette avancée car tout nouveau glissement de la dette reporterait le fardeau sur les générations futures et évacuerait toute possibilité d’investir durablement. Cette progression au niveau provincial doit se déployer à tous les paliers gouvernementaux.

Par ailleurs, même si la contribution de l’État aux gains de productivité est toujours et plus que jamais nécessaire, il faut dire que, grâce à de multiples représentations, certaines orientations qu’a adoptées le gouvernement pour réduire tangiblement le fardeau réglementaire et administratif des entreprises sont aujourd’hui plus engageantes et devraient porter fruit.

Une autre grande victoire, très importante pour le CPQ, est la sensibilisation des décideurs publics au poids des ponctions fiscales sur la masse salariale et à leur effet sur la compétitivité des entreprises, ce qui a poussé les gestionnaires publics à une meilleure efficacité des programmes financés par les employeurs et à une réduction des cotisations au fonds des services de santé. Il en va de même des réformes du financement des régimes de retraite privés ou publics, où des compromis ont pu être trouvés. D’autres menaces s’annoncent cependant à l’horizon avec certaines nouvelles législations.

Si l’on peut se réjouir des avancées obtenues, qui s’associent de plus à des taux d’emploi et d’activité économique exceptionnellement élevés, on ne saurait en revanche s’en satisfaire. En effet, le Bulletin de la Prospérité du Québec 2017, produit par le CPQ, ne révèle que très peu d’avancées depuis 2010 de facteurs en lien avec la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée, ou d’indicateurs tels que la productivité multifactorielle ou l’investissement dans les technologies de l’information et des communications (TIC). La plateforme 2018-2021 du CPQ a ainsi été élaborée dans la perspective de libérer davantage les sources de création de richesse au Québec.

Pour la période 2018-2021, la grande priorité du CPQ reste la main d’œuvre. Le développement du capital humain et l’encadrement législatif et réglementaire du travail constituent donc les deux premiers axes de cette plateforme. Il s’agit d’enjeux complexes, car il faut faire en sorte que les aspirations individuelles puissent se conjuguer avec les objectifs de performance des employeurs, de manière que les compétences, le génie et l’innovation participent au dynamisme d’une économie plus forte. Il est donc essentiel que les institutions et la Loi, malgré leurs rigidités intrinsèques, facilitent l’évolution nécessaire pour libérer davantage les talents et la créativité et mieux s’adapter aux nouvelles réalités.

La protection de l’environnement, en particulier la lutte contre les changements climatiques, pour laquelle le Québec s’est fixé de grands objectifs, constitue également une priorité d’action: le progrès économique et social n’est plus envisageable sans une économie plus écologique et durable.

Le défi que le CPQ propose au Québec de relever est de placer les grands principes de développement durable sur le même chemin que celui de la prospérité. Pour cela, le CPQ préconisera une action politique et législative déterminée à soutenir la rentabilité économique des investissements environnementaux et s’attachera, en toute occasion, à faire de l’acceptabilité sociale une occasion de nourrir l’intérêt commun. Or, l’acceptabilité sociale c’est aussi l’acceptabilité que le développement économique est un levier essentiel du développement social et environnemental.

Enfin et parmi les autres moteurs de croissance, le CPQ souhaite favoriser l’expansion de l’économie sur les marchés extérieurs et encourager tous les secteurs d’activité à mieux s’intégrer aux chaînes de valeur nord-américaines ainsi qu’à l’économie mondiale.

La plateforme 2018-2021 du CPQ n’a pu retenir que les grands axes prioritaires, mais elle a été dressée en gardant à l’esprit que nous sommes bel et bien à une époque de grandes transformations qui, tout en posant déjà de grands défis sociétaux et environnementaux, trouvent également racine dans le foisonnement des technologies. De la généralisation de l’internet au début des années 2000 et du déploiement des TIC qui a suivi, jusqu’aux multiples possibilités que nous offre l’économie numérique aujourd’hui, nous avons basculé dans une ère exceptionnelle. L’exploitation des données de masse, les avancées de la robotisation, ou encore le recours à l’intelligence artificielle nous préparent à l’économie de l’immatériel, qui nous ouvre la porte sur de nouvelles réalités et autant de défis que de possibilités.

Yves-Thomas Dorval
Président-directeur général du Conseil du patronat du Québec

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