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Avis du Conseil du patronat du Québec sur l’impact d’une augmentation accélérée du salaire minimum

Publié le 10 novembre 2016
Conseil du patronat
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INTRODUCTION

Un taux édicté par la loi doit être rigoureusement encadré

Le salaire minimum a toujours ouvert des débats très passionnés, car il symbolise, dans une société organisée comme la nôtre, la valeur effectivement minimale que l’on veut accorder au temps passé au travail. Si l’augmentation du salaire minimum vise implicitement une amélioration des conditions sociales des travailleurs, il demeure que la méthodologie du salaire minimum relève avant tout d’une mécanique économique qui doit tenir compte de différentes variables reliées à l’état de santé de notre économie, parmi lesquelles, et non la moindre, la capacité de payer des entreprises. L’intérêt premier de la fixation d’un salaire minimum est donc de reconnaître la contribution des travailleurs à la prospérité de l’économie, mais aussi, de les protéger en temps de crise.

À ce titre, la proposition qui a émergé au Québec, il y a quelques mois, et qui consiste en une augmentation accélérée du taux horaire du salaire minimum pour le porter à 15 $ - comme si ce montant représentait une fin en soi - manque de perspectives, perspectives dont nous discuterons dans le présent avis. Au rythme actuel et en tenant compte de sa progression historique, il faudrait attendre autour de 2030 avant que le salaire minimum atteigne le niveau de 15 $. Pour une série de raisons exposées dans cet avis, le CPQ s’oppose à une progression trop hâtive vers l’atteinte de ce seuil, qui demeure, il faut le rappeler, un symbole hérité de revendications qui ont cours dans des juridictions où les contribuables ne bénéficient pas d’un cumul de programmes sociaux ou d’une redistribution des revenus aussi égalitaires qu’au Québec, qui s’est prévalu d’un filet social parmi les plus progressistes.

Toute rupture dans la progression du salaire minimum est risquée, car elle remet en cause un compromis qui fonctionne et qui se résume à un rapport situé autour de 45 % entre le salaire minimum et le salaire moyen qui, lui, fluctue avec la conjoncture économique. C’est le respect de ce rapport qui, empiriquement, permet la hausse régulière du salaire minimum, en concordance avec l’évolution de l’état de santé de l’économie, sans provoquer dans le marché du travail des décisions menant à la réduction des heures travaillées, et, ultimement, des pertes d’emplois, pour absorber ces hausses de coûts. D’ailleurs, différentes études réalisées pour mesurer l’impact d’une augmentation accélérée du salaire minimum concluent toutes à une perte d’emplois. Ces études peuvent se distinguer par l’ampleur de cette perte, mais elles permettent toutes de conclure qu’augmenter de façon substantielle le salaire minimum, en générant une rupture dans le rapport entre le salaire minimum et le salaire moyen, revient à prendre un risque pour l’économie.

Naturellement aucune étude ne permet de prendre en compte toutes les réalités qui peuvent permettre de saisir précisément l’effet net d’une telle augmentation. Les effets induits d’une augmentation accélérée du salaire minimum sont multiples et ne s’arrêtent pas à un effet de redistribution entre l’employeur et l’employé. C’est pourquoi, le CPQ a souhaité contribuer à la réflexion en s’appuyant sur les études existantes, en plus de commander à la firme Daméco une étude complémentaire, très prudente, faisant appel à un modèle d’équilibre général dynamique, afin de mesurer les impacts, y compris positifs, en s’intéressant aux secteurs d’activité névralgiques. De cette étude, dont les faits saillants sont exposés dans le présent avis, il faut en particulier conclure qu’une augmentation précipitée du salaire minimum aurait un effet radioactif sur les secteurs du commerce de détail, de l’hôtellerie et de la restauration ainsi que dans l’industrie agroalimentaire. L’étude met également en évidence les effets dits de débordement (impact sur les salaires voisins au salaire minimum) et montre ainsi que l’impact ne se limite pas aux emplois rémunérés au salaire minimum, mais à toute l’échelle des salaires voisins à celui du salaire minimum.

Elle examine de plus l’effet d’une hausse du salaire minimum sur les échelles salariales des industries, sur la consommation et l’épargne, sur l’investissement et la productivité des travailleurs dans les différentes industries, sur les prix et le pouvoir d’achat, sur l’activité économique des différentes industries en plus de l’effet sur le niveau d’emploi dans ces industries.

Globalement, une augmentation accélérée du salaire minimum, sans tenir compte des paramètres économiques tels que l’inflation, le salaire moyen, ou la croissance économique, est une idée, certes populaire, mais hautement contestable : un salaire, même édicté par la loi, doit s’inscrire dans un équilibre. Dans le cas qui nous intéresse, cet équilibre concerne autant le marché du travail que le dispositif des mesures sociales existant. À cet égard, il faut approcher la question du salaire minimum en vérifiant le niveau induit du revenu réel, après transferts fiscaux et sociaux.

Nous complétons notre regard avec les résultats d’autres études qui ont été faites au Québec. Enfin, sont rappelées certaines réalités du contexte économique actuel qui renforcent les raisons pour lesquelles il est très important de ne pas brusquer la croissance du salaire minimum.

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