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Les «trop-perçus» d’Hydro-Québec: faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir?

L'enjeu, qui a été vulgarisé sous le nom de «trop-perçus», est souvent mal compris et il nous apparaît important d’en clarifier les tenants et aboutissants.

Lettre ouverte d'Yves-Thomas Dorval, Adm.A., ASC, ARP, PDG du CPQ, publiée dans le Huffington Post Québec du 15 avril 2019 et dans Le Quotidien du 17 avril 2019.

Au Québec, nous avons la chance de profiter d'une production d'énergie propre et abondante, qui contribue de façon importante à notre économie ainsi qu'à notre bilan enviable au niveau du carbone, et dont nous pouvons être collectivement fiers. Cette production est administrée, transportée et distribuée par une société d'État de façon transparente et réglementée, mais qui, trop souvent, prête le flanc à des critiques dans l'espace public au sujet de ses écarts de rendement.

Cet enjeu, qui a été vulgarisé sous le nom de «trop-perçus», est mal compris et il nous apparaît important d'en clarifier les tenants et aboutissants.

En 2018, en raison de la bonne performance d'Hydro-Québec, les écarts de rendement positifs ont été de 182 millions $, ce qui équivaut à un surplus de moins de 1% d'un budget de 12 milliards $ initialement prévu pour 2018. De ces 182 millions $, 120 millions $ seront retournés aux clients et le reste au gouvernement du Québec, qui pourra les réinjecter dans la société sous forme de services publics ou de réduction de la fiscalité pour les contribuables. Rien ne reste dans les coffres d'Hydro, et il ne s'agit pas de surfacturation. Soulignons au passage que d'éventuels écarts négatifs seraient absorbés par la société d'État et feraient davantage l'objet de critiques.

Dans le cas de la société d'État, les prévisions sont réalisées presque deux ans à l'avance, validées par la Régie de l'énergie, qui approuve les tarifs, et peuvent donc être sujettes à des variations — la météo, la consommation des industries, l'entretien du réseau, etc. Qui plus est, on ne pourra certainement pas accuser la Régie d'être complaisante dans ses décisions à l'égard des entreprises qui lui soumettent leurs propositions tarifaires.

Donc, au moment de faire le bilan pour vérifier si les chiffres prévus correspondent aux résultats réels, il est préférable d'avoir un léger écart de rendement positif, comme il a été le cas en 2018, ce qui démontre que la compagnie a réussi à dépasser ses objectifs. Aussi, plus l'écart est petit, plus ceci démontre la capacité d'une entreprise à se projeter dans l'avenir et sa compréhension des mécanismes pouvant influencer les variations des coûts des différents intrants dans la production d'électricité.

Il est donc impossible de prévoir exactement plusieurs mois à l'avance l'ensemble de la fluctuation des coûts qui sont nécessaires à la livraison d'électricité chez les clients. Par le fait même, il est impossible de prévoir le coût exact de la production d'électricité pour une année donnée. Mais, par-dessus tout, un léger écart de rendement positif est signe de résultats satisfaisants.

Un écart de rendement positif entraine plusieurs bienfaits pour l'ensemble de la société:

  • Remise des sommes perçues au gouvernement pour faire bénéficier les citoyens par le biais de différents programmes;
  • Baisse de la pression sur l'augmentation des tarifs pour l'année suivante;
  • Incitent à augmenter la productivité et l'efficience.

Bref, l'écart enregistré cette année par Hydro-Québec profite à l'ensemble des Québécois et des Québécoises, tant consommateurs que contribuables.

Doit-on critiquer les résultats ou s'en plaindre? Personnellement je crois qu'il faut plutôt s'en réjouir et être heureux des retombées pour tous les Québécois et Québécoises.

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Les «trop-perçus» d’Hydro-Québec: faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir?

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