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Économie : le Canada en bonne santé, mais avec du potentiel inexploité

Le Bulletin de la prospérité du Canada, que nous publions chaque quatre ans en prévision des élections fédérales, confirme que notre économie est, somme toute, en bonne santé.

Lettre ouverte d'Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du CPQ, publiée le 9 octobre 2019 en exclusivité sur notre site.

Nous avons profité depuis plusieurs années d’une économie en forte croissance, et plusieurs indicateurs le démontrent bien. Le Bulletin de la prospérité du Canada, que nous publions chaque quatre ans en prévision des élections fédérales, confirme que notre économie est, somme toute, en bonne santé.

Notre main-d’œuvre est en général scolarisée et bien formée. Le fardeau fiscal des entreprises s’est amélioré sur certains aspects depuis quatre ans. Les coûts d’exploitation des entreprises sont plus concurrentiels ici que dans plusieurs des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), se plaçant à 14,6% moins cher que ceux des États-Unis.

Cependant, si la forêt dans son ensemble semble en bonne santé, force est de constater que lorsqu’on s’y attarde, certains de ses arbres sont malades et menacent l’ensemble de l’œuvre.

Notre analyse permet de constater que le Canada marche au ralenti dans plusieurs des indicateurs liés à l’innovation. C’est d’autant plus inquiétant que l’innovation est l’une des pierres d’assise de l’économie d’aujourd’hui et de demain. Favoriser l’innovation signifie promouvoir les modèles de collaboration entre les grandes entreprises et les entreprises en démarrage ou le milieu de l’éducation et de la recherche, afin d’encourager l’émergence et l’adoption de nouvelles technologies. Ça veut dire augmenter les crédits d’impôt en recherche et développement (R-D) et valoriser la commercialisation des brevets. Ça implique aussi que les gouvernements au Canada puissent constituer eux-mêmes des vecteurs d’innovation en tant que donneurs d’ordre et acheteurs, constituant ainsi de magnifiques vitrines. L’innovation est un moteur de croissance incontournable, qui nous garde parmi les économies mondiales performantes et compétitives.

Or, nos dépenses intra-muros en R-D ont diminué ces dernières années, passant de 1,69 % en 2016, à 1,55 % en 2018. En 2017, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles pour tous les membres de l’OCDE, le Canada se classait en 18e position.

Pourtant, notre potentiel s’exprime par le nombre élevé d’inventions brevetées par milliard de dollars de dépenses en R-D, nous plaçant au troisième rang derrière le Japon et les États-Unis. Autrement dit: nous avons tout ce qu’il faut en génie créatif, si la R-D était financée adéquatement le Canada serait propulsé vers la tête du peloton des pays industrialisés.

Le scénario est sensiblement le même pour les dépenses en technologies de l’information et des communications (TIC). Encore ici, nous sommes loin des premiers de classe, en 12e position, avec des investissements représentant seulement 2,14 % de notre PIB. Pourtant, les investissements en TIC sont centraux à l’innovation. Ils fournissent l’infrastructure numérique nécessaire à l’échange d’idées et de données, et contribuent à des gains d’efficacité et à la croissance de la productivité.

Innovation, TIC et productivité vont main dans la main, et en effet cette dernière aussi laisse à désirer. Le pays se trouve en milieu de peloton, à la limite inférieure du deuxième quartile. Or, la productivité est un ingrédient essentiel de la prospérité, car une plus grande productivité signifie en général que l’on peut produire plus avec la même quantité de facteurs de production.

Le Canada performe mal également en ce qui concerne le taux d’activité des travailleurs âgés occupant le 21e rang parmi les 36 pays analysés. Dans un contexte de vieillissement démographique, alors que nous connaissons actuellement une situation de rareté de la main-d’œuvre, cet indicateur revêt une importance particulière.

Tout n’est pas noir, évidemment, et notre performance économique ces dernières années l’illustre bien, malgré le fait que nous avons augmenté le poids de notre dette publique entre 2013 et 2017 à près de 90% du PIB, ce qui nous place 25e sur 33 pays de l’OCDE.

Mais il faut renforcer l'économie canadienne de façon durable, en encourageant des investissements qui permettent une relance de certains secteurs névralgiques, comme les TIC et la R-D, et en prônant des politiques soucieuses de léguer aux générations futures un pays prospère et en bonne santé financière.

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