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Développement du capital humain

Enjeu

Le Québec sait le rôle qu’a joué l’éducation dans son histoire contemporaine, celui d’un véritable ascenseur économique et social. Pour le CPQ, le contexte actuel invite à refaire de l’éducation une priorité nationale.

À l’heure où les nouvelles technologies de l’information, la robotisation et l’intelligence artificielle bouleversent autant les modèles d’affaires que la vie démocratique, l’adaptabilité du capital humain constitue la clé pour mettre en action les innovations techniques et sociales nécessaires au progrès économique.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut agir pour le développement du capital humain, le rehaussement général du niveau des qualifications et l’adaptabilité des compétences. Le rythme auquel se transforment les secteurs d’activité ne permet plus d’attendre une autre génération avant d’adapter les systèmes d’éducation et de formation.

L’accélération actuelle des technologies envoie des signaux très clairs : la qualité de l’éducation est primordiale et le perfectionnement de la main-d’œuvre tout au long de la vie active devient une nécessité indéniable.

Une éducation de base de haut niveau doit permettre le choix d’une spécialité professionnelle sans compromettre les compétences transversales, dans une école qui cultive la créativité, la capacité d’innovation et la capacité d’adaptation, autant de qualités favorables à l’employabilité des travailleurs. Le système de formation doit, pour sa part, offrir des programmes de spécialisation dans des domaines correspondant aux connaissances et aux compétences recherchées par les employeurs.

Il reste aussi à développer une culture de formation tout au long de la vie professionnelle. Cela implique une offre de programmes assez flexible pour lever les obstacles qui peuvent réduire l’accès des travailleurs à la formation continue. Cette offre doit également rester adaptée aux besoins évolutifs du marché du travail.

De plus, il est peu probable que le problème de la rareté de main-d’œuvre qualifiée se résorbe à court terme. Le développement de solutions pour desserrer cette contrainte sur la croissance des entreprises reste donc une nécessité pour le CPQ. La rareté de la main-d’œuvre est un frein sur lequel pèsent plusieurs facteurs.

  • Le vieillissement de la population, qui se traduit aujourd’hui par une réduction de la population active et un taux d’activité des personnes de plus de 55 ans plus faible au Québec comparativement aux autres provinces canadiennes et à d’autres pays.
  • Un taux de chômage particulièrement élevé chez les nouveaux arrivants.
  • La difficile reconnaissance des diplômes des immigrants, de leurs compétences et de leur expérience, l’enjeu linguistique participant, dans certains cas, à la problématique.
  • L’établissement d’environ 75 % des personnes immigrantes dans la région métropolitaine de Montréal, ce qui n’aide pas à contrer la pénurie de main-d’œuvre en région.
  • Le décrochage scolaire qui, bien qu’en baisse, demeure encore relativement élevé au Québec.

Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement du Québec a accepté la proposition du CPQ de mettre en place une Stratégie nationale sur la main-d’œuvre (SNMO). Il s’agit de mobiliser le Québec autour d’un projet audacieux, celui de faire des savoirs, des compétences et de la créativité une source de progrès économique et social. Cette stratégie doit, pour réussir :

  • être inclusive afin de développer une culture et les mécanismes favorables à la participation active de toutes les forces de travail,
  • prévoir la mobilisation et la coordination de l’ensemble des acteurs (gouvernement, employeurs, institutions, société civile),
  • faciliter les investissements en capital humain et dans la mise en place de nouvelles avenues pour augmenter l’expertise et le capital savoir au sein des entreprises.

Par ailleurs, dans le contexte où la main-d’œuvre est un enjeu prioritaire, aussi bien sur le plan économique que social, le CPQ propose la mise en place graduelle dans les régions du Québec, d’un service d’accompagnement ciblé et personnalisé d’expertises en matière de ressources humaines, afin de regrouper les besoins des entreprises sur une base locale. Une telle initiative, préconisée par le CPQ, viserait à offrir des solutions concrètes aux besoins criants des employeurs sur le front de la gestion du changement d’une part, et pour pallier la rareté de la main-d’œuvre d’autre part.

Objectifs 2018–2021

Pour la prospérité future du Québec, il est urgent d’agir aussi bien sur la quantité que sur la qualité du capital humain.

1 — Système d’éducation
Revendiquer un système d’éducation de grande qualité et capable de s’ajuster aux besoins des employeurs, dans la perspective d’enrichir le Québec d’une main-d’œuvre qualifiée, innovante et créative.

2 — Formation professionnelle
Renforcer par une offre de formations qualifiantes et adaptables le système de formation professionnelle pour le développement des compétences tout au long de la vie active.

3 — Immigration et attraction des talents
Appuyer la pleine participation des personnes immigrantes au marché du travail et la mise en place d’une stratégie pour attirer les talents venus d’ailleurs.

4 — Inclusion/Intégration
Reconnaître et mettre en place les actions prioritaires en faveur de l’inclusion et de l’intégration économique des personnes éloignées du marché du travail.

1 — Système d’éducation

Revendiquer un système d’éducation de grande qualité et capable de s’ajuster aux besoins des employeurs, dans la perspective d’enrichir le Québec d’une main-d’œuvre qualifiée, innovante et créative.

  • Continuer d’investir de manière probante dans le financement de base en éducation à tous les niveaux d’enseignement.
  • Moduler les règles de financement, la souplesse des programmes et la gestion des contingentements pour répondre aux besoins particuliers des établissements scolaires publics et privés.
  • Appuyer la mise en œuvre de la Politique sur la réussite éducative en plus d’accompagner les réseaux dans l’élaboration du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur.
  • Favoriser une culture de la qualité et de l’innovation éducative et faciliter le développement des compétences des enseignants dans tous les réseaux, à tous les niveaux d’enseignement.
  • Renforcer le volet éducatif des services à la petite enfance et établir des critères de qualité pour améliorer leur intégration au continuum scolaire.
  • Intervenir adéquatement et dès le plus jeune âge auprès des enfants et des élèves qui ont des besoins particuliers.
  • Rehausser le niveau des compétences de base (littératie, numératie, travail en équipe, communication verbale, etc.) et des compétences transversales, ainsi que de l’apprentissage de l’anglais ou des autres langues étrangères.
  • Mieux informer et orienter les jeunes dans le choix de carrière et l’usage de leur plein potentiel, entre autres en leur ouvrant davantage les portes des entreprises et en leur montrant toutes les opportunités offertes dans les divers milieux de travail, notamment au niveau professionnel et technique, où les besoins sont grands.
  • Accroître les passerelles entre les réseaux d’enseignement, les programmes universitaires et collégiaux, ainsi que les centres de formation professionnelle et technique.
  • Valoriser le rôle éminemment stratégique des établissements d’enseignement supérieur et de leurs centres de recherche dans le rayonnement international du Québec.
  • Mobiliser les investissements publics en recherche scientifique vers davantage de soutien aux activités de transfert des connaissances et de valorisation de la propriété intellectuelle, et aux activités présentant un potentiel commercial ou entrepreneurial.
  • Impliquer les employeurs dans la gouvernance des établissements scolaires, le développement des programmes de formation et les activités de recherche scientifique (s’inspirer du modèle DUAL et mettre en place des agents de liaison dans le milieu de l’éducation dans toutes les régions).

2 — Formation professionnelle

Renforcer par une offre de formations qualifiantes et adaptables le système de formation professionnelle pour le développement des compétences tout au long de la vie active.

  • Valoriser la formation professionnelle au moyen d’une campagne de promotion sur les métiers et professions les plus en demande, accompagnée de mesures permettant de rapprocher les jeunes des milieux de travail en entreprise.
  • Promouvoir les avantages de la formation et du développement des compétences tout au long de la vie active, et valoriser l’implication et l’apport des connaissances et des compétences des personnes retraitées.
  • Mieux informer sur l’offre de formation et faciliter l’accès aux programmes gouvernementaux d’aide à la formation.
  • Faciliter la formation à temps partiel, notamment grâce à une offre adaptée aux apprenants actifs sur le marché du travail.
  • Apprécier davantage l’importance de la formation informelle, notamment dans l’application des plans de relève et la formation des nouveaux employés.
  • Encourager la mise en place d’un plan spécial pour accélérer la formation de la main-d’œuvre dans les diverses compétences liées au numérique et à l’automatisation.
  • Harmoniser les parcours de formation professionnelle par une plus grande fluidité entre les différents établissements d’éducation et de formation et favoriser les modèles de concomitance.
  • Renforcer les dispositifs pour la reconnaissance des compétences.
  • Augmenter l’offre de stages et d’alternance études-emploi, et les modèles de coopération entre les établissements de formation et l’entreprise.
  • Défiscaliser les heures de travail allouées à la formation professionnelle.
  • Exercer un leadership éclairé pour
    • une coordination interministérielle efficace
    • une collaboration croissante entre les entreprises et le milieu de la formation
    • une meilleure collaboration entre les systèmes régionaux de formation afin d’optimiser les ressources humaines et financières.

3 — Immigration et attraction des talents

Appuyer la pleine participation des personnes immigrantes au marché du travail et la mise en place d’une stratégie pour attirer les talents venus d’ailleurs.

  • Promouvoir un processus de sélection de l’immigration économique alignée sur les besoins les plus stratégiques pour le Québec.
  • Attirer les étudiants étrangers et faciliter leur accès à la résidence permanente.
  • Augmenter le recours aux travailleurs étrangers temporaires dans les secteurs les plus touchés par des pénuries de main-d’œuvre (TI, activités saisonnières, etc.) et promouvoir les facilités disponibles pour l’immigration permanente.
  • Accélérer la procédure de reconnaissance des compétences des personnes immigrantes. Dans les cas où les qualifications des immigrants ne satisfont pas aux normes québécoises, s’assurer qu’ils puissent suivre un parcours de formation menant rapidement à une qualification suffisante.
  • Promouvoir auprès des personnes immigrantes et des personnes en voie d'immigrer les opportunités disponibles en région.
  • Augmenter la qualité et la performance des programmes de francisation.

4 — Inclusion et intégration

Reconnaître et mettre en place les actions prioritaires en faveur de l’inclusion et de l’intégration économique des personnes éloignées du marché du travail.

  • Offrir aux entreprises un incitatif et les ressources nécessaires à l’amélioration des compétences de base pour les travailleurs les moins qualifiés.
  • Mettre en place une stratégie de formation et un modèle de mentorat adaptés aux personnes qui ont des difficultés à intégrer le marché du travail.
  • Diffuser les meilleures pratiques favorisant l’embauche de travailleurs handicapés.
  • Augmenter le nombre de nouveaux postes du Programme de subvention aux entreprises adaptées (PSEA).
  • Mettre en place auprès des employeurs une initiative spécifique d’aide à l’inclusion professionnelle des autochtones.
  • Mettre sur pied des projets visant à accompagner les employeurs dans la gestion de la diversité.

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