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Enjeu

La mondialisation de l’économie a pris une toute nouvelle ampleur dans les années 2000. Notamment sous l’influence de la Chine, admise parmi les membres de l’OMC en 2001 et devenue l’« usine du monde », la concurrence internationale, clairement intensifiée, ne s’est pas simplement traduite par une redistribution des parts de marché : elle a réorganisé la carte de l’industrie mondiale, en décloisonnant les secteurs, en fragmentant la production au-delà des frontières et en redistribuant la création de valeur ajoutée tout au long de chaînes de valeur devenues définitivement mondiales.

Si cette transformation a été aussi radicale, c’est aussi parce qu’elle a été aidée au cours de la même période par une envolée technologique sans précédent : les technologies numériques ont donné beaucoup plus de poids à l’économie immatérielle, dont on n’a pas encore apprivoisé tous les leviers de la création de richesse. En reconfigurant l’espace économique, l’accélération de la mondialisation et la transformation numérique ont accentué l’intégration et resserré l’interdépendance des économies, soulevant toutes sortes de questions sur les conséquences sociales et générant parfois certains réflexes de repli.

Tout en reconnaissant que cette grande mouvance recèle une multitude d’enjeux, le CPQ croit que les priorités pour que le Québec s’adapte à cette nouvelle complexité résident en tout premier lieu dans un État plus moderne et plus agile. Il s’agit de mieux répondre à toutes les influences externes, aux impacts souvent incertains, de toujours mieux optimiser l’usage des ressources publiques et d’ainsi mieux répondre aux nouvelles priorités sociales et économiques.

La modernisation de l’État, dont on débat depuis de longues années, n’est cependant pas suffisamment enclenchée. Ceci est également vrai pour ce qui est de l’importance d’une plus grande agilité des réseaux d’éducation, de la santé, et des services publics en général. Or, le contexte actuel suggère d’aller chercher tous les gains d’efficacité dans la livraison de services publics dont les besoins vont en augmentant.

L’agilité et la modernisation de l’État s’affirment donc comme des piliers de la compétitivité, et le CPQ entend promouvoir les avenues qui permettront de les accélérer. Partout dans le monde, les États développent des plateformes numériques pour la livraison de services, pour une meilleure gestion des flux ou pour l’optimisation des infrastructures. Ces dernières jouent un rôle crucial dans le fonctionnement de l’économie. Leur qualité ainsi que leur adéquation aux nouvelles normes concurrentielles et technologiques sont de plus en plus déterminantes dans l’efficacité de l’État, le développement local, la compétitivité des entreprises et l’accès efficace aux réseaux du commerce international.

La transformation de l’État soulèvera indéniablement toutes sortes de débats sur sa place et son rôle. La manière avec laquelle sera bâtie l’issue des débats est déterminante, car l’acceptabilité sociale et le dynamisme démocratique doivent permettre l’accélération et non pas le ralentissement du progrès économique et social. L’enjeu est d’autant plus crucial que la mondialisation et la complexité inhérente du développement durable ont ramené les responsabilités du développement économique à l’échelle des régions et des localités. L’autonomie nouvelle des municipalités doit être composée avec, en parallèle, l’application des meilleures pratiques de gouvernance du développement économique et d’une coordination stable des acteurs autour des intérêts communs du Québec. À ce titre, toute réorganisation doit éviter à tout prix de créer des dédoublements dans l’action publique.

Objectifs 2018–2021

Un appareil étatique moderne et exemplaire qui agit à tous les paliers de gouvernement comme facilitateur du développement économique et social, en limitant les entraves liées à des visions isolées et les coûts reliés à un blocage des projets structurants pour le Québec.

1 — Agilité de l'État
Faire valoir l’urgence d’une modernisation effective de l’appareil gouvernemental, en encourageant en particulier toutes les transformations numériques favorables à la productivité de la fonction publique, à l’usage optimisé des actifs informationnels de l’État et à l’augmentation généralisée de la qualité des services publics.

2 — Infrastructures
Veiller à ce que les besoins du Québec en infrastructures publiques soient comblés par des investissements prévisibles, au volume et au rythme suffisants, ainsi que par une coordination permanente et efficace entre les différents paliers gouvernementaux.

3 — Développement local et régional
Mettre la nouvelle autonomie gouvernementale des municipalités au profit du dynamisme économique en veillant à ce que soient prises en compte les réalités locales dans les stratégies et les politiques gouvernementales, et en soutenant toutes les initiatives favorables au renforcement des écosystèmes régionaux.

4 — Acceptabilité sociale et démocratie
Valoriser les efforts du milieu économique sur le plan environnemental et social, et développer des approches de concertation qui privilégient une compréhension collective des intérêts communs.

1 — Agilité de l'État

Faire valoir l’urgence d’une modernisation effective de l’appareil gouvernemental, en encourageant en particulier toutes les transformations numériques favorables à la productivité de la fonction publique, à l’usage optimisé des actifs informationnels de l’État et à l’augmentation généralisée de la qualité des services publics, particulièrement dans les réseaux de la santé et de l’éducation.

  • Mettre en place un nouveau chantier pour la modernisation et l’agilité de l’État qui :
    • Augmentera l’efficacité globale de l’appareil gouvernemental, notamment en abattant les silos ministériels.
    • Encouragera l’intégration de toutes les applications numériques favorables à la réduction des coûts et la rapidité des services grâce à une meilleure gestion des ressources informationnelles.
    • Rendra publiques périodiquement les avancées des orientations sur l’administration publique prévues dans le cadre de la Stratégie numérique du Québec.
    • Facilitera l’application de la Politique gouvernementale de l’allègement réglementaire et administratif et du décret pour une réglementation intelligente, avec un accent particulier sur les lois fiscales et environnementales, et s’assurera du suivi de cette application.
    • Mettra en place au sein de la fonction publique un système d’évaluation sérieux de la performance du personnel, accompagné de stratégies de mise à jour des connaissances et de développement des talents et des compétences.

2 — Infrastructures

Veiller à ce que les besoins du Québec en infrastructures publiques soient comblés par des investissements en volume et au rythme suffisants, ainsi que par une coordination permanente et efficace entre les différents paliers gouvernementaux.

  • Réclamer la mise en place d’une stratégie économique des infrastructures et du bâtiment qui, à l’instar des autres filières industrielles à fort potentiel, placera l’innovation et la création de valeur ajoutée au cœur du développement stratégique de l’écosystème de la construction.
  • Veiller à l’arrimage du Plan québécois des Infrastructures avec le plan Investir dans le Canada, à l’accélération du processus décisionnel et à la conclusion des ententes pour le financement des grands projets d’infrastructures, y compris au niveau municipal.
  • Promouvoir le recours aux modèles de financement innovants dans le cadre des grands projets d’infrastructures afin que la structure financière de ces projets soit associée à la performance opérationnelle.
  • Augmenter les investissements dans les transports en commun.

3 — Développement local et régional

Mettre la nouvelle autonomie gouvernementale des municipalités au profit du dynamisme économique en veillant à ce que soient prises en compte les réalités locales dans les stratégies et les politiques gouvernementales et en soutenant toutes les initiatives favorables au renforcement des écosystèmes régionaux.

  • Entreprendre une réflexion structurée autour de l’impact de la nouvelle autonomie des municipalités sur la gouvernance du développement économique local.
  • Mettre en place des initiatives sectorielles ou locales pour réduire l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre en région.
  • Déployer sans tarder le réseau internet haute vitesse dans toutes les régions du Québec (pas d’internet, pas d’économie).
  • Investir dans la modernisation de nos infrastructures stratégiques de transport des marchandises pour renforcer la position de nos pôles logistiques, leur interopérabilité, leur intermodalité et la place du Québec comme carrefour du commerce international.
  • Organiser une meilleure coordination des acteurs du Saint-Laurent pour une valorisation plus intégrée du fleuve dans le cadre du déploiement de la Stratégie maritime, et susciter un intérêt plus grand de promoteurs désirant investir.
  • Mettre en place des stratégies pour améliorer la contribution du transport aérien et des aéroports à la prospérité des régions du Québec, notamment en ce qui a trait à l’amélioration des infrastructures et des dessertes ou à la réduction des coûts pour les passagers.

4 — Acceptabilité sociale et démocratie

Valoriser les efforts du milieu économique sur le plan environnemental et social et développer des approches de concertation qui privilégient une compréhension collective des intérêts communs.

  • Promouvoir une acceptabilité sociale plus conforme à l’impératif de prospérité, en particulier au chapitre de l’exploitation des ressources naturelles.
  • Valoriser l’action des membres du CPQ en matière de responsabilité sociale et environnementale de manière à promouvoir les meilleures pratiques et faciliter l’application des objectifs du développement durable.
  • S’assurer de l’efficacité et l’intégrité des agences d’évaluations environnementales, notamment dans le cadre des audiences ubliques et tout particulièrement en ce qui a trait à l’équilibre nécessaire entre transparence et secret industriel.
  • Pour l’adhésion sociale et le succès économique des grands projets de développement économique, faire valoir l’importance de la rigueur et de la précision des études, afin d’éviter les délais dus à des réévaluations et des conflits coûteux.