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L’emploi et la formation : complémentaires tout au long de la vie?

Présentation du premier vice-président du CPQ, Daniel Audet, dans le cadre d'un colloque du Comité aviseur-jeunes de la Commission des partenaires du marché du travail (Montréal, 6 novembre 2008)

Vous allez convenir avec moi que le fait d'être ici aujourd'hui, en plein été des Indiens, pour parler de formation et d'emploi, alors que la bourse s'effondre, qu'un président républicain étatise Wall Street, qu'une récession mondiale se profile à l'horizon, que Jean Charest déclenche des élections au Québec et, surtout, que les Américains élisent un président noir dont le deuxième nom est Hussein; que parler de formation dans ce contexte donc, peut paraître un peu drabe! Mais croyez-moi, il n'en est rien!

En tout cas, pour moi, il est tout à fait pertinent d'être ici pour discuter des jeunes en emploi et des défis qui s'en viennent dans les prochaines années.

La raison en est bien simple : indépendamment des fluctuations des marchés, toute prospérité économique solide se construit forcément à long terme et repose sur la qualité de nos façons de faire, notre créativité, nos innovations, le stock d'investissement de nos entreprises et, bien sûr, le capital humain qui fait en sorte que toutes ces conditions soient réunies. Voilà les fondamentaux d'une croissance durable, peu importent les soubresauts du moment.

De façon plus précise, nos membres nous parlent sans cesse des problèmes causés par les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée. Ça ne veut pas nécessairement dire que l'économie québécoise fonctionne à son plein potentiel, c'est plutôt, à mon avis, une question de démographie et de vieillissement de la population. Mais ça ne change pas le fait que 76 % des entreprises sont déjà confrontées à des difficultés liées à la pénurie de main-d'oeuvre. Là aussi, la formation constitue la clé de voûte de toute solution, exactement comme durant une crise.

Je pense que l'événement d'aujourd'hui, au-delà de ce que disent les marchands de peur, les chasseurs de sorcières et les guérisseurs de tout acabit, va nous permettre de nous rappeler à quel point l'éducation, la formation et les expériences constituent le fondement même de notre économie, qu'on qualifie à juste titre d'économie du savoir.

Deux constats s'imposent d'emblée : nous avons une population active plus employée que jamais et notre système d'éducation ne livre pas toujours la marchandise.

On a dit que les entreprises du Québec ont besoin de main-d'oeuvre qualifiée, et pour cause : le taux d'emploi n'a jamais été aussi haut et le taux de chômage si bas. Ce qui ne veut pas dire par ailleurs que nous sommes les champions nord-américains de l'emploi. En fait, à ce chapitre aussi, nous sommes en fin de peloton sur les 60 États et provinces. Mais il faut quand même reconnaître que la tendance est positive depuis quelques années. Et malgré la crise, je pense que les problèmes de pénuries de main-d'oeuvre sont bien réels.

D'autre part, le décrochage scolaire n'a pas assez baissé au Québec. Il y a encore 12 % des 25-44 ans sans certificat d'études secondaires, alors qu'en Ontario c'est environ 8 %. Et je pense que Jacques Parizeau avait raison de souligner le retard des commissions scolaires francophones sur les commissions scolaires anglophones. Et à ça, s'ajoute le fait que les formations professionnelles et techniques n'attirent pas assez d'étudiants pour répondre aux besoins des entrepreneurs.

Il y a aussi un problème de taille avec la formation continue au professionnel et au collégial. Aussi incroyable que ça puisse paraître, les collèges reçoivent des enveloppes fermées pour les cours en formation continue, ce qui, par exemple, limitait l'an dernier le nombre d'étudiants à 29 000 dans tout le Québec. À titre de comparaison, en Ontario, le Seneca College en compte environ 24 000 à lui seul!

À mon sens, il existe trois grands liens entre la formation et l'emploi :

1. Dans le contexte que je viens d'évoquer, il devient hyper important de trouver des solutions, rapidement, au regard de la persévérance et la qualité de l'éducation des jeunes. Selon moi, il va falloir trouver des solutions à court terme et aussi à long terme. L'éducation demeure le premier lien entre la formation et l'emploi parce que c'est d'abord sur les bancs d'école que chacun développe ses compétences, ses connaissances et ses propres goûts. Dans le cas de la formation technique, le lien est encore plus direct.

2. J'ai évoqué aussi des difficultés dans l'offre de formation continue au Québec. Il s'agit, à mon avis, du deuxième lien entre la formation et l'emploi. Ceux qui souhaitent aller chercher de nouvelles compétences, se développer davantage, se rendre plus employables, voire se réorienter, devraient pouvoir le faire. C'est à la fois simple et très ambitieux, mais tout à fait nécessaire.

3. Finalement, le dernier lien entre la formation et l'emploi est, en fait, la formation EN emploi. La loi du 1 % a sûrement donné un petit coup d'accélérateur à ce chapitre et la reconnaissance des compétences développées au travail complète bien la formation technique plus traditionnelle.

Abordons deux minutes cette fameuse loi du 1 %. Quand on parle de 1 %, ça fait un peu chenu. Mais quand on sait qu'il s'agit d'AU MOINS 1 % d'une masse salariale totale de 65 MILLIARDS $, ça veut dire que CHAQUE ANNÉE, les employeurs québécois financent AU MOINS 650 M$ de formation à leurs employés, ce qui constitue un chiffre pas mal plus impressionnant. Il est intéressant par ailleurs de voir que lorsqu'un employeur ne peut pas démontrer qu'il a donné suffisamment de formation, il doit quand même payer le 1 % qui sera versé au Fonds de développement de la main-d'oeuvre. Comme on dit, on va rendre à César ce qui lui appartient : en 2006, il y a eu seulement 15 M$ versés dans le Fonds. Ça veut dire que les employeurs ont réalisé par eux-mêmes près de 98 % des investissements demandés par la loi. Je pense que c'est une contribution importante des employeurs du Québec qui mérite d'être soulignée.

Dans un deuxième temps, je pense que la formation en emploi profiterait d'un meilleur soutien de la part des gouvernements. Notamment quand il est question de développer et de reconnaître les compétences des employés. Tout le monde s'entend là-dessus. La reconnaissance des compétences par des certificats délivrés par l'État - qui permettent donc de certifier les apprentissages réalisés en milieu de travail - est un excellent moyen d'augmenter les qualifications de la main-d'oeuvre et de diminuer l'occurrence et la durée du chômage. À notre avis, au Conseil du patronat du Québec, les gouvernements provinciaux devraient discuter avec le gouvernement fédéral pour offrir des réductions, voire des congés de cotisations à l'assurance-emploi pour le financement de ces activités.

Finalement, les employeurs sont de plus en plus intéressés par les pratiques qui misent sur le mentorat et le parrainage de nouveaux employés par des collègues de travail plus expérimentés. Je pense qu'il y a là des pistes avantageuses tant pour les employés que pour les employeurs et que les conditions sont propices au développement volontaire de ces pratiques dans les milieux de travail. Le CPQ a même développé une collaboration avec le site de mentorat en ligne Academos.

En conclusion, sur le marché de l'emploi, le retard du Québec a fondu et c'est une excellente chose. Pourtant, le Québec tire toujours de l'arrière. L'écart entre le chômage au Canada et aux États-Unis s'est refermé et même inversé. Le Canada a maintenant un taux de chômage plus bas! (en transformant le calcul du taux de chômage pour pouvoir faire des comparaisons avec les États-Unis, on obtient un taux de chômage canadien de 5,3 % et américain de 6,1 % depuis le début de 2008 - Statistique Canada, 10 octobre 2008). On pourrait aussi faire beaucoup mieux au Québec et avoir un taux de chômage plus faible qu'en Ontario, même plus faible qu'aux États-Unis! Une des principales solutions pour mettre fin à ce retard et rendre réalisables les objectifs les plus ambitieux passe par l'éducation et la formation. Mais ça passe aussi par une sorte de RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE au Québec.
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    Édition de mai 2012Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...  
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    Projet de loi 78 - Le président du Conseil commente. Le gouvernement a prévu dans le projet de loi différents moyens en ce qui concerne l'aspect académique qui semblent répondre aux besoins. Quant à l'ampleur des moyens déployés pour les questions de paix sociale, le Conseil du patronat laisse aux parlementaires, aux constitutionnalistes et à la justice le soin de trouver un juste équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le droit de vivre dans un environnement sécuritaire.  
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    Commentaires du Conseil du patronat présentés dans le cadre de la consultation publique sur le financement du transport en commun. Un réseau de transport collectif performant et efficace est essentiel. Il contribue à la vitalité économique et à la productivité des entreprises.  
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    Le président du Conseil du patronat, M. Yves-Thomas Dorval, a profité de l'assemblée générale annuelle de l'organisme, tenue le lundi 23 avril dernier, pour rendre public son Rapport d'activité 2011, pour remettre le Prix de carrière 2012 à M. Rémi Marcoux, fondateur et administrateur du conseil de Transcontinental, et pour introniser trois nouveaux membres à son prestigieux Club des entrepreneurs. Pour en savoir plus...