Pauvreté et exclusion sociale : donner un poisson ou apprendre à pêcher?
Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du QuébecLe Journal de Montréal, 17 juin 2009, p. 28
« Donnez un poisson à un homme et vous le nourrirez pour un jour. Apprenez-lui à pêcher et vous le nourrirez pour toute la vie. »
Ce proverbe illustre l’une des principales pistes de solution proposées par les employeurs dans le cadre des Rendez-vous de la solidarité amorcés hier par le gouvernement du Québec. Cette vaste consultation mènera à l’adoption d’un nouveau plan d’action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
L'antidote le plus permanent contre la pauvreté et l’exclusion sociale réside dans la formation, l’emploi et la croissance économique. Cette avenue implique notamment de lutter sur tous les fronts contre le décrochage scolaire, en particulier au moyen de la formation professionnelle et technique. La fréquentation des filières professionnelles et techniques est plus faible au Québec qu’ailleurs dans le monde malgré le fait qu’elles fournissent des compétences utiles aux employeurs, facilitant l’insertion sociale des jeunes décrocheurs.
Aborder la problématique sous cet angle permettra à notre société de faire d'une pierre deux coups en atténuant simultanément la pauvreté et les pénuries de main-d'œuvre qui pointent à l’horizon malgré la conjoncture actuelle.
Responsabilité sociale = responsabilité fiscale
Rappelons par ailleurs que même si le Québec est moins riche que le reste du pays, sa performance en matière de lutte contre la pauvreté est parmi les meilleures. En fait, selon les données fournies par le gouvernement, seule l'Alberta fait mieux que le Québec lorsqu'on observe les taux de faible revenu entre 2000 et 2006. Pourrions-nous faire mieux? Sûrement, mais il faudra éviter l'éparpillement et nous fixer des priorités qui concordent avec les ressources dont nous disposons comme collectivité.
Il ne faudrait pas, en appliquant le principe de responsabilité sociale à l’égard des plus démunis, mettre au rancart les principes de responsabilité fiscale et d’équité entre les générations. Le gouvernement a le devoir de contrer la pauvreté et l'exclusion sociale qui sévissent aujourd'hui, mais pas au détriment de la santé des finances publiques et des générations de demain.
Tout nouveau programme de lutte contre la pauvreté devrait donc faire l'objet d'une estimation rigoureuse de l'ensemble de ses coûts. De plus, puisque la faculté de payer des contribuables a ses limites et que les finances du Québec sont dans un état précaire, le gouvernement devrait faire des choix : le coût de tout nouveau programme devrait être compensé par des économies équivalentes dans d'autres dépenses gouvernementales.
Miser sur les incitatifs
Enfin, le gouvernement devrait miser sur les incitatifs plutôt que sur des mesures coercitives.
Les entreprises et leurs dirigeants sont engagés socialement dans leurs communautés respectives par leur appui actif à de nombreuses initiatives (éducation et formation, santé des enfants ou des adultes, etc.). À l'occasion de la 40e assemblée générale annuelle du Conseil du patronat du Québec tenue en avril dernier, tous les employeurs honorés ont souligné spontanément l'importance que revêtent pour eux le mécénat et l'engagement communautaire. Cette voie nous apparaît plus porteuse d’avenir que l’ajout de nouvelles mesures obligatoires.
Édition de mai 2012 • Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...
Projet de loi 78 - Le président du Conseil commente. Le gouvernement a prévu dans le projet de loi différents moyens en ce qui concerne l'aspect académique qui semblent répondre aux besoins. Quant à l'ampleur des moyens déployés pour les questions de paix sociale, le Conseil du patronat laisse aux parlementaires, aux constitutionnalistes et à la justice le soin de trouver un juste équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le droit de vivre dans un environnement sécuritaire.
Commentaires du Conseil du patronat présentés dans le cadre de la consultation publique sur le financement du transport en commun. Un réseau de transport collectif performant et efficace est essentiel. Il contribue à la vitalité économique et à la productivité des entreprises.
Le président du Conseil du patronat, M. Yves-Thomas Dorval, a profité de l'assemblée générale annuelle de l'organisme, tenue le lundi 23 avril dernier, pour rendre public son Rapport d'activité 2011, pour remettre le Prix de carrière 2012 à M. Rémi Marcoux, fondateur et administrateur du conseil de Transcontinental, et pour introniser trois nouveaux membres à son prestigieux Club des entrepreneurs. Pour en savoir plus...



