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La Caisse pour les nuls

   

Daniel Audet, premier vice-président du Conseil du patronat du Québec
Le Journal de Montréal, 17 août 2009, p. 25



La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) déçoit encore. N'eut été des chauds rayons du soleil estival de la semaine dernière, j'imagine que la piètre performance de la Caisse aurait fait plus de bruit. Je l'espère du moins. Mais pour l'instant c'est resté essentiellement une affaire de spécialistes. On pensait que toutes les pertes avaient été dévoilées et qu'on reviendrait à l'encre noire dans le premier semestre de 2009. C'était, semble-t-il, prendre nos désirs pour la réalité. La réalité, elle, s'est soldée par un rendement de 0% !

Des effets négatifs immédiats

En plus des effets à longs termes des pertes réelles ou théoriques (sur papier) de la Caisse, plusieurs oublient ou ignorent leurs effets négatifs à court et à moyen terme.

Prenons l'exemple de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). Ce type d'organismes est tenu par la loi de respecter certains ratios actuariels. La CSST n'est pas un régime de retraite mais a besoin des fonds suffisants pour indemniser les travailleurs lorsqu'ils se blessent, deviennent malade ou meurent à cause de leur travail. Les régimes de retraite ont les mêmes obligations quant à l'équilibre actuariel. Qu'on pense au Régime de rente du Québec (RRQ), par exemple. Dans ce cas précis on a prévu, en décembre 2008, qu'en raison des déboires de la Caisse, on rehausserait de 10,54 % à 10,95 % la cotisation d'équilibre. Dans ce scénario, le rendement de la Caisse doit être de plus de 7 % annuellement. On est loin du but avec zéro pourcent pour les six premier mois. Il faudrait réaliser une performance exceptionnelle de 14 % dans la deuxième moitié de l'année pour atteindre la cible, ce qui paraît bien irréaliste. Résultat : on risque encore une fois de devoir hausser la cotisation.

En 2008, la Caisse a englouti 40 milliards dans toutes sortes de placements risqués, tels les fameux PCAA et les hypothèques subordonnées. Après ce désastre, tout le monde s'attendait à un rendement positif en 2009. Eh bien, les modestes gains dans les actions au cours du premier semestre ont été annulés par de nouvelles pertes. D'où le rendement nul de la Caisse dans le premier semestre.

Dire qu'il y a quelques années on célébrait l'audace de la Caisse. Aujourd'hui c'est à gauche toute : adieu le risque, bienvenu le rendement pépère mais sécuritaire. C'est comme l'investisseur personnel. On a toujours dit « Acheter bas, vendez haut ». Bien peu l'appliquent. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut prévoir l'avenir. Qui peut décréter qu'une action est « haute » ou « basse »?

Qui sont les victimes ?

Les victimes immédiates sont bien évidemment les cotisants aux différents régimes et fonds. Pour la CSST les cotisations à la Caisse sont faites exclusivement par les employeurs. Cent pourcent. Pour le RRQ c'est payé à 50 % par les employeurs. On pourrait en nommer d'autres auxquels les employeurs contribuent au moins en partie : le Fonds d'assurance parentale du Conseil de gestion de l'assurance parentale, par exemple. En tout, il y a une liste de 25 déposants. Tous ces contributeurs sont pénalisés à court terme de façon importante.

Quand on pense à l'écart de 30 % existant déjà entre les taxes sur la masse salariale du Québec par rapport à celles de l'Ontario, on se demande comment les entreprises de chez nous arriveront à concurrencer celles de nos voisins une fois les ajustements faits.
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    Édition de mai 2012Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...  
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