Accueil   |   Contact   |   Plan du site   |   Imprimer   |   Envoyer cette page   |   Recherche  

Assurance emploi: prenons des engagements clairs

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec
Cyberpresse.ca, 11 septembre 2009, p. Web



Le Parti libéral du Canada s'est retiré récemment du comité libéral-conservateur sur la réforme de l'assurance emploi, qui devait livrer son rapport à la fin du mois. La ministre des Ressources humaines, pour sa part, promet une annonce peu après la rentrée parlementaire de la semaine prochaine. Ces deux signaux ne mentent pas: l'assurance emploi sera un des dossiers les plus chauds de l'automne au palier fédéral.

Les syndicats et les partis de l'opposition souhaitent abaisser les critères d'admissibilité et rehausser de diverses manières les prestations. Est-ce vraiment la direction à prendre? Les employeurs du Québec s'attendent à des engagements clairs de la part des partis, des engagements tenant compte de l'ensemble des enjeux soulevés par le régime d'assurance emploi.

Des coûts qui augmentent déjà

Selon les prévisions de plusieurs économistes, le taux de chômage devrait continuer à augmenter jusqu'à la fin de l'année et ne reviendra que lentement à son niveau de 2008. Cette situation aura pour effet de faire augmenter chaque année, et pour plusieurs années à venir, le coût du programme actuel (sans nouvelles réformes).

Pour les employeurs, qui financent environ 60% des coûts, la hausse par employé devrait osciller entre 35 % (scénario optimiste) et 70 % (scénario pessimiste) d'ici 2015. Au Québec, elle viendra s'ajouter à plusieurs augmentations de cotisations basées sur la masse salariale prévues pour 2010 et les années subséquentes (CSST, RRQ, assurance parentale).

Il faut savoir par ailleurs qu'une partie non négligeable des coûts du programme d'assurance emploi est attribuable à des dépenses qui ne sont pas liées au versement de prestations régulières. En 2007-2008, ces dépenses représentaient environ la moitié du coût total du programme, une portion plus grande que cinq ans auparavant. En effet, avant même la récession, alors que l'économie canadienne était en pleine croissance, cette portion des coûts augmentait de façon importante année après année, détournant lentement mais sûrement le régime de sa véritable mission.

Trois principes de base

Les employeurs ne s'opposent pas à la réforme de l'assurance emploi. Le régime pourrait notamment être simplifié. Les entreprises demandent toutefois aux partis politiques d'intégrer à cette réforme quelques principes de base.

Le programme doit d'abord redevenir un véritable régime d'assurance et se recentrer sur son principal objectif: procurer un revenu de remplacement lié à la perte d'un emploi. Tous les éléments autres que les prestations régulières ne devraient viser qu'à améliorer l'employabilité du travailleur ayant perdu son travail ou prévenir une perte d'emploi en raison du contexte économique. Les autres volets devraient être confiés à d'autres organismes gouvernementaux et financés à même les impôts généraux. Comme tout régime d'assurance, le programme doit tenir compte également du principe de « réactivité ». Personne ne pourra nier que plus le programme d'assurance emploi devient généreux, moins il incite les travailleurs à retourner rapidement au travail.

D'autre part, la demande traditionnelle des employeurs à l'effet que leur contribution rejoigne progressivement la parité avec celle des travailleurs devra figurer à l'ordre du jour de toute réforme.

Enfin, les employeurs disent oui à des changements au régime, à condition que ces changements aient un effet neutre sur le coût pour les employeurs et pour les finances publiques. La responsabilité sociale implique également la responsabilité fiscale, et c'est encore plus vrai en période de déficits budgétaires. Si l'on décide de procéder à une nouvelle bonification de certains aspects du régime, il faudra donc trouver le moyen d'économiser ailleurs dans le programme ou dans les autres dépenses publiques.
  • home-item-1.gif
    Édition de mai 2012Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...  
  • home-item-2.gif
    Projet de loi 78 - Le président du Conseil commente. Le gouvernement a prévu dans le projet de loi différents moyens en ce qui concerne l'aspect académique qui semblent répondre aux besoins. Quant à l'ampleur des moyens déployés pour les questions de paix sociale, le Conseil du patronat laisse aux parlementaires, aux constitutionnalistes et à la justice le soin de trouver un juste équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le droit de vivre dans un environnement sécuritaire.  
  • home-item-3.gif
    Commentaires du Conseil du patronat présentés dans le cadre de la consultation publique sur le financement du transport en commun. Un réseau de transport collectif performant et efficace est essentiel. Il contribue à la vitalité économique et à la productivité des entreprises.  
  • home-item-4.gif
    Le président du Conseil du patronat, M. Yves-Thomas Dorval, a profité de l'assemblée générale annuelle de l'organisme, tenue le lundi 23 avril dernier, pour rendre public son Rapport d'activité 2011, pour remettre le Prix de carrière 2012 à M. Rémi Marcoux, fondateur et administrateur du conseil de Transcontinental, et pour introniser trois nouveaux membres à son prestigieux Club des entrepreneurs. Pour en savoir plus...