Finances publiques : prêcher par l’exemple
Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du QuébecLe Journal de Montréal, p. 26, 17 décembre 2009
Le comité d'économistes formé par le ministre des Finances du Québec pour le conseiller en vue du prochain budget arrive cette semaine à un constat accablant : en raison de dépenses publiques élevées, d'un fardeau fiscal élevé et d'un endettement public élevé, le gouvernement n'a pratiquement plus de marge de manoeuvre. Ce constat n'est pas nouveau, et il rend encore plus urgent l'instauration d'un « cran d'arrêt », une mesure proposée par le Conseil du patronat qui consiste à freiner la croissance des dépenses pour en arriver à un point de rencontre entre les revenus et les dépenses étatiques.
Cette approche n'est pas que rhétorique. Nous voulons qu'elle s'applique à nous-mêmes. En effet, nous estimons qu'il ne devrait pas y avoir l'ajout « d'argent neuf » pour l'aide à l'entreprise. Avec l'enveloppe globale déjà allouée aux entreprises, grandes et petites, nous pouvons parcourir un bon bout de chemin, en autant que ladite enveloppe soit dépensée judicieusement. C'est pourquoi, même si des sommes additionnelles seraient très utiles pour les entreprises, nous recommandons plutôt au gouvernement d'avoir une approche responsable et de procéder à une réallocation des ressources financières disponibles en fonction d'une vision stratégique porteuse d'avenir.
Nous avons donc proposé au ministre des Finances des priorités structurantes qui pourraient guider l'État dans la façon de mieux dépenser l'argent destiné au développement économique. Ainsi, à notre avis, toute aide aux entreprises devrait être axée sur quatre critères :
1- la création de valeur ajoutée par de l'innovation;
2- l'amélioration de la productivité à la fois technologique et de la main-d'oeuvre;
3- la commercialisation vers des marchés moins traditionnels (particulièrement l'Europe et l'Asie);
4- l'inclusion de considérations à l'égard du développement durable.
L'objectif étant de nous concentrer dans les secteurs où nous pouvons nous démarquer à l'échelle internationale plutôt que soutenir des canards boiteux sous respiration artificielle.
Une campagne de l'audace
Dans leur document publié cette semaine, les quatre économistes mandatés par le ministre des Finances ont insisté fortement aussi sur la nécessité de créer de la richesse. Nous sommes d'accord : il est prioritaire de susciter davantage d'investissement privé, encouragé notamment par ce que nous avons appelé une « campagne de l'audace économique ».
Une telle initiative ne coûterait virtuellement rien à l'État et aurait pour but de stimuler l'investissement de, et dans, nos entreprises. En effet, l'économie n'est pas que colonnes de chiffres et hypothèses mathématiques. Les investisseurs sont des gens comme vous et moi. Ils éprouvent des peurs, des émotions, et ils sont actuellement influencés par des pronostics peu optimistes, notamment sur le rythme de reprise de la croissance et de l'emploi aux États-Unis. S'ils sentent que les organisations gouvernementales, patronales, syndicales et financières sont derrière eux et qu'elles sont motivées, nous pourrons créer un véritable mouvement national en faveur de l'investissement privé au Québec.
En réunissant ainsi toutes nos énergies, nous pourrons dépasser facilement la barre peu glorieuse au Québec des 17 % d'investissements privés au Canada, voire atteindre au moins notre proportion démographique de 23 % de la population canadienne.
Édition de mai 2012 • Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...
Projet de loi 78 - Le président du Conseil commente. Le gouvernement a prévu dans le projet de loi différents moyens en ce qui concerne l'aspect académique qui semblent répondre aux besoins. Quant à l'ampleur des moyens déployés pour les questions de paix sociale, le Conseil du patronat laisse aux parlementaires, aux constitutionnalistes et à la justice le soin de trouver un juste équilibre entre le droit à la liberté d'expression et le droit de vivre dans un environnement sécuritaire.
Commentaires du Conseil du patronat présentés dans le cadre de la consultation publique sur le financement du transport en commun. Un réseau de transport collectif performant et efficace est essentiel. Il contribue à la vitalité économique et à la productivité des entreprises.
Le président du Conseil du patronat, M. Yves-Thomas Dorval, a profité de l'assemblée générale annuelle de l'organisme, tenue le lundi 23 avril dernier, pour rendre public son Rapport d'activité 2011, pour remettre le Prix de carrière 2012 à M. Rémi Marcoux, fondateur et administrateur du conseil de Transcontinental, et pour introniser trois nouveaux membres à son prestigieux Club des entrepreneurs. Pour en savoir plus...



