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Une décennie coûteuse

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec
La Presse, 12 janvier 2010, p. A-14



Alain Dubuc a raison de dire que les faits ne sont pas idéologiques (La Presse, vendredi 8 janvier 2010). Au sujet des finances publiques du Québec, ils sont accablants. Les solutions qu'on propose d'apporter à ces constats peuvent souffrir d'un biais idéologique, poursuit M. Dubuc. J'aurais tendance à dire comme lui, en temps normal. Sauf que nous ne sommes pas en temps normal.

Après des dépenses publiques importantes durant la récession et devant l'impasse financière du Québec, normalement, trois choix s'offriraient aux élus à court terme : 1- hausser les revenus substantiellement (impôts, taxes et tarifs); 2- baisser les dépenses publiques substantiellement; ou 3- faire beaucoup des deux à la fois! Or, nous sommes rendus à un point où nous n'avons plus le choix. C'est une question de pragmatisme, pas d'idéologie.

Même avant la crise économique le Québec était l'un des États les plus taxés d'Amérique. En termes de recettes fiscales totales (pourcentage du PIB 2006) nous étions bien au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE et de celle du G7; de près de 6 points au-dessus de la moyenne canadienne ; et de 10 points de plus que les États-Unis. Le fait que nos principaux concurrents soient canadiens et américains rend notre marge de manœuvre fiscale virtuellement inexistante. Il en résulte que dans l'hypothèse où on voudrait hausser substantiellement nos revenus nous serions incapables de le faire sous peine d'asphyxie totale. Bref, l'option de hausser le fardeau fiscal global n'est pas de mise et ce n'est nullement pour des raisons idéologiques mais bien par souci d'une saine gestion de l'économie du Québec.

La fiscalité municipale

D'ailleurs, il existe un autre volet de la fiscalité québécoise qu'on oublie souvent de considérer dans sa dimension nationale : celui du monde municipal. Ces jours-ci, les médias sonnent l'alarme sur les hausses de taxes municipales ou locales partout au Québec. À raison. On sait que les municipalités ne peuvent pas légalement enregistrer de déficits. C'est une excellente chose. En revanche, elles peuvent augmenter les taxes et c'est ce qu'elles entendent faire. Dans le cas de Montréal c'est encore pire. Certains voudraient, notamment, imposer le péage sur les ponts pour financer des infrastructures qui n'ont rien à voir avec la construction de nouveaux ponts ni même avec leur entretien.

Le gouvernement québécois a annoncé ses couleurs au sujet de sa propre fiscalité. Il y aura des hausses de tarifs et de taxes, malgré la marge de manœuvre quasi inexistante que nous venons de décrire. C'est pourquoi le Conseil du patronat du Québec tient à ce que cette hausse du fardeau fiscal ne soit que temporaire, le temps de sortir de la crise.

En attendant, le revenu disponible de millions de Québécois va s'éroder en 2010 et dans les années qui viennent. Cela n'annonce rien de bon pour la relance de l'économie. L'État québécois et les administrations municipales contribuent déjà à la réduction du pouvoir d'achat de la classe moyenne. Reste à voir la contribution que ris que d'y faire le gouvernement fédéral dans les prochaines semaines. Armons-nous de patience, contribuables québécois, la nouvelle décennie risque d'être longue…et coûteuse !
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    Édition de mai 2012Rapport d'activité 2011 : un bilan des plus positifs qui se traduit en de nombreux gains tangibles pour les employeurs du Québec • Assemblée générale annuelle • Modernisation du régime de santé et de sécurité du travail • Colloque sur le projet de loi visant la modernisation du régime québécois de santé et de sécurité du travail • Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail...  
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