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Le CPQ soutient le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités

InfoCPQ mars 2010, p. 4 et 5


Seize citoyens engagés de la société québécoise, soucieux de l'avenir du haut savoir au Québec ont uni leurs voix pour présenter le 23 février dernier le Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités, qui appelle à une mobilisation collective afin de rehausser le financement de nos universités tout en demeurant fidèle aux grandes valeurs québécoises que sont l'accessibilité, l'équité, l'excellence et l'efficacité. Ce pacte propose le déplafonnement des droits de scolarité, accompagné d'un renforcement des programmes de soutien à l'accessibilité et d'un engagement ferme du gouvernement de maintenir le niveau actuel de financement public. Le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, est du nombre des signataires du pacte, aux côtés d'autres personnalités du milieu économique (Michel Leblanc et Françoise Bertrand), de la politique (Michel Audet, Lucien Bouchard, Joseph Facal et Monique Jérôme-Forget), du mouvement étudiant (Julie Bouchard, Youri Chassin, Hugo Jolette et Patrick Lebel), de la recherche (Marcel Boyer, Pierre Fortin et Claude Montmarquette) et des universités (Robert Lacroix et Michel Gervais).

Le Pacte en bref

Le monde s'est profondément transformé au cours du siècle dernier. Le savoir occupe une place incontournable dans cette transformation. C'est par lui que se créent la valeur et l'innovation, que se démarquent les entreprises autant que les nations dans une économie mondiale toujours plus ouverte.

Devant une concurrence internationale qui s'intensifie, notre prospérité collective repose sur notre capacité à utiliser le savoir. Or, si le savoir est l'arène où nous devons nous illustrer, avons-nous tout ce qu'il faut pour y exceller?

La réponse à cette question, malheureusement, est loin d'être affirmative en raison du sous-financement chronique de nos universités québécoises. En matière de budget de fonctionnement, l'écart entre les universités québécoises et celles du reste du Canada s'élève à quelque 500 millions de dollars par année.

Notre pouvoir d'attraction des étudiants étrangers, des meilleurs chercheurs et des professeurs les plus renommés est directement en cause. Aussi, ce n'est pas seulement la position concurrentielle de nos universités qui est menacée, mais surtout celle de l'économie et de la société québécoise dans son ensemble.

La situation est périlleuse et nécessite des actions immédiates. Elle requiert une reconnaissance collective des défis à relever, une ouverture d'esprit dans la recherche de solutions et beaucoup de courage pour passer à l'action.

C'est dans cet esprit que nous unissons nos voix. Nous aspirons à démontrer que la diversité de nos perspectives et de nos expériences n'est pas un obstacle à l'adhésion à une approche commune. La situation exige que nous en arrivions collectivement à une entente : le pacte que nous proposons vise à répondre à ce besoin criant de la société québécoise.

C'est un pacte qui exige des efforts importants, mais qui se veut également fidèle aux grandes valeurs collectives que nous entretenons à l'égard de l'éducation supérieure, à savoir :

• L'accessibilité : l'accès aux études supérieures est le levier de mobilité sociale le plus puissant dont dispose notre société. Le niveau de richesse individuelle préalable à l'obtention d'un diplôme ne doit, en aucun cas, constituer un obstacle à la poursuite des études.
• L'équité : l'éducation supérieure est un investissement qui génère des bénéfices. Cet investissement est à la fois individuel et collectif. Par souci d'équité, il importe que la part de financement assumée par chacun soit proportionnelle à sa part de bénéfices.
• L'excellence : les aspirations du Québec à briller parmi les meilleurs doivent se traduire par un engagement de tous dans la poursuite de l'excellence et de la réussite. Universités, enseignants, étudiants et partenaires doivent accepter de s'investir dans les changements qui nous rendront meilleurs.
• L'efficacité : nos établissements d'éducation supérieure ont l'obligation morale de maximiser les fruits des investissements individuels et collectifs qui leur sont consentis.

À la hauteur de nos ambitions

Le pacte que nous proposons comporte trois volets :

• Un engagement ferme du gouvernement à maintenir le niveau actuel de financement public en termes réels. Au cours des dix dernières années, le gouvernement du Québec a investi quelque 480 millions de dollars à titre de rattrapage. L'État a apporté sa contribution, les étudiants doivent maintenant accepter le déplafonnement des droits de scolarité.
• Le déplafonnement des droits de scolarité. À l'instar de ce que l'on trouve ailleurs en Amérique du Nord, les droits de scolarité devraient être différenciés selon le niveau d'études et le secteur disciplinaire pour refléter davantage les coûts de formation et les rendements variables de l'investissement en éducation universitaire. À l'intérieur de balises gouvernementales relativement larges, l'établissement des droits de scolarité devrait être du ressort de chaque institution universitaire.
• Un réexamen de la situation tous les cinq ans.

Le revenu que les universités québécoises tireront de cet ajustement s'élèvera, à terme, à quelque 565 millions de dollars. Nous préconisons que le processus d'augmentation s'étale sur trois ans et débute en 2012.

Par ailleurs, le pacte constituera en soi un puissant moyen de transformation de nos universités. Soumises à une concurrence plus vive et à des incitatifs plus importants, elles seront amenées à mieux allouer les ressources dont elles disposent et à tenir compte de leurs forces particulières et de leur vocation spécifique.

Elles auront à se soumettre à des comparaisons constantes avec les institutions du reste du monde. Les étudiants seront plus exigeants quant à la qualité et à la portée des enseignements reçus. Les universités ne pourront faire autrement que de se soucier encore davantage de la qualité et de la pertinence de leurs programmes.

Accessibilité : un engagement ferme et absolu


Au Québec, nous avons trop tendance à ne relier l'accessibilité aux études universitaires qu'aux droits de scolarité. Or, le problème d'accessibilité se pose en grande partie bien avant que l'étudiant arrive aux portes de l'université; les droits de scolarité y jouent un bien faible rôle. Cet état de fait n'exclut toutefois pas d'accompagner le déplafonnement des droits de scolarité d'un programme ciblé de soutien à l'accessibilité.

Le pacte comprend des mesures qui renforceront les programmes de soutien à l'accessibilité existants.

• Chaque université devra consacrer 30 % des revenus supplémentaires découlant de l'augmentation des droits de scolarité pour favoriser l'accès à l'université à l'aide de bourses substantielles aux candidats méritants provenant de milieux moins fortunés. Ce programme s'ajoutera à celui déjà existant au niveau gouvernemental.
• Nous proposons la mise en place d'un système de remboursement des prêts étudiants qui soit proportionnel aux revenus gagnés par les éventuels diplômés. Un tel système réduira grandement les craintes et les répercussions découlant des aléas du marché du travail.
• Enfin, le gouvernement s'engagera à consacrer les budgets ainsi libérés pour favoriser la réussite scolaire à tous les niveaux d'études. Ces sommes pourront notamment servir à réduire le décrochage, particulièrement au secondaire, et à augmenter le nombre de candidats à l'éducation supérieure.

Pour notre avenir à tous

Le Québec a mal à ses universités. Le mal n'est pas incurable, mais il est chronique. C'est pourquoi nous enjoignons à tous les Québécois de s'engager en faveur de nos universités. Nous pressons le gouvernement du Québec de répondre à notre proposition afin d'assurer à nos universités la santé financière autant que les incitatifs nécessaires à la réalisation de leur mission fondamentale pour l'avenir de notre société.

Le texte intégral du Pacte est disponible à l'adresse suivante : www.pactefinancementdesuniversites.info.
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